Navigation


Système radio fréquence d'affichage

Une rupture technologique

Peu de temps après l’essaimage de Thomson, CREATIVE EURECOM est sollicitée par les frères Cholet de Chirac, dirigeants de la PME Sitour à Courbevoie. Celle-ci, née avec les congés payés, vendait des panneaux pour pointer les campings : son nom signifiait alors Signalisation Touristique.

Peu au fait de l’électronique, mais soucieux de profiter des opportunités qu’elle offre pour leur activité d’étiquettes papier de gondole de supermarché, Sitour rêve d’un dispositif affichant le prix comme une calculette électronique, avec mise à jour sans fil par un système central, et tout cela avec une autonomie de 4 ans (durée de vie de la pile).

Le levier des aides gouvernementales

Le programme gouvernemental de soutien à la filière électronique PUCE (1) encourage alors ce type de démarche. Mais c’est sur fonds propres que Creative Eurecom entreprend une première réflexion (« on a besoin de réfléchir, revenez dans trois mois »), en cohérence avec  son ambition d’apporter les compétences de la R&D et de développer des solutions grand public héritées de Thomson.

Un hypermarché est un local industriel peu favorable à une chaine de communication : des mesures dans un magasin de la ville de Cholet le démontrent assez vite. Pourtant, quand les frères Cholet reviennent à Angers, ils voient une maquette qui affiche un prix par liaison radio ondes longues. Leur rêve est possible, mais le chemin sera long... !

Un système robuste

Une étude de faisabilité de plus d’un an, financée par PUCE, permet de valider le choix de la chaine de communication et la possibilité de développer des composants pour un prix objectif de 30 francs par étiquette. Il s’agit notamment de réaliser un composant mixte analogique (récepteur radio) et codeur numérique. Le système comprend également un affichage multi-langues, une double récepteur champ proche2 et champ lointain, mais aussi une chaine de communication correcte avec correction automatique d’erreurs de transmission par l’emploi d’une double trame de Hamming, et auto-diagnostic de trop fortes perturbations.

Il faudra tout le talent de persuasion de l’expert mandaté par le programme PUCE, M. Lagorce, pour convaincre MM. Cholet que le prix requis pour développer un circuit intégré spécifique (c’est à dire pour miniaturiser une carte imprimée en circuit silicium 100 fois plus petit), 4 millions de francs, n’est pas une escroquerie mais le ticket d’entrée pour prendre pied sur ce nouveau marché.

La conception du circuit intégré est en limite de technologie dans les années 1993, et il faudra 3 « runs » (itérations) à la société autrichienne, Austriamicrosystems, pour atteindre des rendements de fabrication supérieurs à 20% et donc des prix de revient acceptables.

Une fantastique réussite commerciale

L’architecture de la solution comprendra des concentrateurs liés par fibre optique aux émetteurs et connectés sur le système informatique central du magasin, et plus tard de la centrale d’achat. Désormais, en un seul clic, un administrateur pourra changer instantanément le prix d’un produit dans des dizaines de magasins.

Creative Eurecom incitera Sitour à embaucher des électroniciens. La société Sitour deviendra Store Electronic Systems (SES). Elle sera revendue par les frères Cholet à leur départ à la retraite et poursuivra son développement spectaculaire. Les premiers magasins à adopter la solution de l’étiquette électronique seront des franchisés du réseau Edouard Leclerc. La production des étiquettes sera délocalisée en Chine.

Aujourd’hui SES équipe des magasins dans le monde entier, et Crossway Technologies, filiale de production associée à Creative Eurecom dans le groupe OEM Development, continue de produire des émetteurs et d'assurer la maintenance et le maintien en condition opérationnelle.